Sur la page Facebook identitaire de Tamazgha, j’ai lu que le Liban ne serait pas un pays arabe. Ce genre d’affirmation, souvent relayée sans aucune base sérieuse, reflète davantage une position idéologique qu’une réalité historique, culturelle ou politique. Revenons aux faits.

Le Liban est reconnu comme un pays arabe à tous les niveaux : géopolitique, linguistique, culturel et civilisationnel. Ce n’est pas une opinion, mais un constat établi et assumé par l’État libanais lui-même.
Dès 1945, le Liban est devenu membre fondateur de la Ligue arabe. Il participe à toutes ses instances et s’exprime aux côtés des autres pays arabes dans les grandes causes régionales.
Sur le plan juridique, l’article 11 de la Constitution libanaise est clair : l’arabe est la langue officielle du pays. Bien que le français et l’anglais soient très présents dans l’enseignement et les médias, la langue quotidienne de la majorité des Libanais reste l’arabe, avec un dialecte propre à leur pays, riche et vivant.
C’est aussi sur le plan intellectuel et artistique que le Liban a marqué le monde arabe. Le pays a offert à l’humanité des figures comme Gibran Khalil Gibran, dont les écrits ont traversé le monde, ou Fairouz, dont la voix incarne à elle seule l’âme de tout un peuple. Ces figures ne sont pas perçues uniquement comme libanaises, mais comme arabes dans le sens large, appartenant à la grande famille culturelle arabe.
Il est vrai que certains Libanais, en particulier parmi les milieux chrétiens ou les mouvements dits phénicistes, refusent cette appartenance arabe. Ils préfèrent revendiquer une origine uniquement phénicienne, souvent pour des raisons identitaires ou politiques. Mais cette vision reste minoritaire dans la société libanaise.
Vouloir nier l’arabité du Liban, c’est ignorer la langue de ses habitants, la littérature qu’ils ont produite, les causes régionales qu’ils ont portées et le rôle historique que ce pays a joué dans le monde arabe. Le Liban est certes multiple, complexe, traversé par différentes identités religieuses et historiques, mais ça ne remet en aucun cas en question son arabité.
Rejeter cette réalité, c’est effacer tout un pan de l’histoire contemporaine du Liban. Pire, c’est alimenter une vision sectaire qui ne reflète ni la réalité ni la richesse de ce pays.

Je nourris une passion pour l’histoire, la culture et les découvertes. En plus de mes récits, je partage aussi des photos et des vidéos de mes voyages.

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