Faut-il vraiment un diplôme d’architecture pour critiquer les bâtiments coloniaux français en Algérie ?

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Sur Facebook, j’ai publié un avis très clair : les immeubles coloniaux d’Alger sont collés les uns aux autres comme si on construisait sur l’archipel japonais, alors que l’Algérie fait cinq fois la taille de la France. J’ai ajouté que ces bâtiments, souvent en ruine, ne font rêver personne et qu’il serait temps de reconstruire, à l’algérienne cette fois.

Ce simple avis qui repose sur le bon sens a suffi pour qu’une personne me demande : « Tu as un diplôme d’architecte pour dire ça ? »

Faut-il vraiment un diplôme d'architecture pour critiquer les bâtiments coloniaux français en Algérie ?

Comme si seuls les diplômés avaient le droit de voir, de réfléchir, de parler d’avoir du goût et une identité surtout !

Alors je vais répondre, une bonne fois pour toutes.

Oui, j’ai suivi une formation à AutoCAD. Oui, j’ai redessiné les plans d’un vieil architecte à Aix-en-Provence. Oui, j’ai étudié les Arts Plastiques dans cette même ville (Bac+4). Oui, j’ai suivi des cours d’esthétique donnés par un écrivain et philosophe. Et oui, j’ai obtenu une maîtrise (master) mention très bien avec ce philosophe comme tuteur.

Mais même sans tout cela, est-ce qu’une personne a besoin de diplôme pour donner un avis sur ce qui défigure ou inspire son propre pays ?

Ce n’est pas un papier qui donne la légitimité de parler d’identité et d’esthétique.

L’Algérie a été marquée par une colonisation brutale, et les bâtiments laissés derrière ne sont pas des symboles de fierté. Ils rappellent un passé douloureux, une architecture déconnectée de l’âme algérienne.

J’ai posé une question simple : où sont les grands bâtisseurs algériens d’aujourd’hui ? Ont-ils construit une Burj Khalifa ? Une Torch Tower ? Une Makkah Royal Clock Tower ? Non. Et pourtant, ce ne sont pas les talents qui manquent, mais les visions. Les vrais projets porteurs d’identité.

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On ne peut pas demander aux gens de se taire simplement parce qu’ils n’ont pas un diplôme.

Si c’était le cas, alors les colonisateurs eux-mêmes auraient dû se taire, eux qui n’avaient souvent aucun diplôme quand ils construisaient à la va-vite dans des terres qu’ils pillaient.

Aujourd’hui, l’Algérie a besoin de réappropriation, de beauté, de grandeur. Et ça passe aussi par une critique honnête de ce qui existe. Quand une architecture ne reflète pas l’identité du peuple, elle devient un corps étranger.

Je le répète : ce n’est pas un diplôme qui donne le droit de parler. C’est le regard, la culture, et surtout, l’amour de son peuple et de sa terre.

Et c’est justement cet amour qui me pousse à prendre la parole. Avec ou sans titre. Parce que l’Algérie mérite qu’on la défende, même face à des murs de briques fissurés que certains prétendent être du patrimoine.

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