Réflexions sur l’architecture algérienne : Mauresque, colonial et contemporain

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J’ai partagé sur Facebook l’observation selon laquelle une maison à Alger semblait probablement dater d’avant 1962, présentant des éléments légers du style mauresque qui témoignent de l’histoire architecturale de l’Algérie. J’ai exprimé mon étonnement face à la faible empreinte de l’architecture mauresque dans les constructions contemporaines, donnant l’impression que l’histoire architecturale de l’Algérie débutait en 1830, occultant des siècles de richesse.

J’ai souligné, malgré mes réserves envers les colons français en Algérie , leur capacité à récupérer des codes du bâtiment mauresque qu’ils avaient largement détruits. Je me suis interrogé sur la présence d’architectes talentueux en Algérie actuellement, ou si ces talents quittent le pays pour d’autres horizons. Cette question invite à réfléchir sur la préservation et la continuation de l’identité architecturale du pays.

Une personne, probablement originaire d’Algérie, a répondu en expliquant que le patrimoine culturel d’une nation est constitué de tous les apports des civilisations ayant marqué ces terres. Selon lui, le patrimoine culturel algérien, et par extension architectural, est formé par les héritages amazigh, romain, vandale, byzantin, arabe, turc, français, etc. Il a insisté sur le fait que réduire l’architecture algérienne à l’art mauresque reviendrait à nier des siècles de culture. Il a également mentionné que ce que l’on qualifie de « mauresque » a surtout été initié par les Français et se nomme le style Jonnart.

Ma réponse a été axée sur la signification du terme « apport ». Pour moi, il évoque davantage une influence. Cependant, l’habitat colonial français ne se limite pas à une simple influence. Le colon français a imposé son style, déconnecté de tout lien avec l’histoire et l’identité algérienne, en cherchant à s’imposer tout en détruisant la culture autochtone.

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En réponse à sa remarque sur les apports des différentes civilisations, j’ai constaté une similitude vis-à-vis de l’art mauresque. De 1962 à nos jours, l’architecture algérienne ne semble pas intégrer ces apports, à l’exception de quelques réalisations telles que les mosquées et les gares. Cependant, en ce qui concerne l’habitat, l’absence d’apports est notable.

J’ai souligné que le syndrome de Stockholm a trop duré, que le pays est indépendant depuis 1962, et qu’il est temps de mener des recherches sur ce qui constituait la spécificité de la culture algérienne, avec ses nombreux éléments distinctifs. Enfin, j’ai suggéré que si l’on renie l’histoire de l’Algérie, il pourrait être judicieux d’envisager une autre profession (si la personne est architecte).

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