Algérie et Vietnam : la vérité historique que ce géopolitologue refuse de voir

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Je suis tombé par hasard sur une vidéo d’Alexandre del Valle, présenté comme géopolitologue, et honnêtement j’ai éclaté de rire en entendant l’absurdité de son message. À un moment, on se demande sérieusement s’il est vraiment géopolitologue quand on écoute les âneries qu’il nous balance dans TikTok. J’ai retranscrit ici son message en entier pour que tu comprennes à quel point son raisonnement tient sur du vent.

« Vous ne voyez jamais de victimisme, de pleurnicharisme vietnamien ou cambodgien ou laosien.
Y a pas que la faute du pays d’accueil dans l’échec de l’intégration.
Un exemple que vous allez tous comprendre facilement, le Vietnam a été littéralement persécuté par la France et l’Amérique.
Les guerres du Vietnam ont été horribles, les occidentaux ont envoyé des bombes au napalm, on a rasé des villes entières de Vietnamiens.
Les Vietnamiens ont au moins autant été colonisés que les Algériens et au moins autant massacrés avec des régions entières rasées que les Algériens. Et pourtant, vous ne voyez jamais de victimisme, de pleurnicharisme vietnamien ou cambodgien ou laosien.
Vous ne voyez jamais les peuples d’Indochine, leurs descendants, leurs petits-enfants venir faire de l’anti-France. Des quartiers de contre-société, rejeter la France, dire que, il faut punir les français pour avoir génocidé. Et la différence, c’est que ça montre que l’intégration et l’assimilation, ce n’est pas que le fait de la puissance d’accueil, il y a aussi une part de responsabilité dans l’échec des personnes qui viennent. »

Maintenant que j’ai posé le décor, je vais démonter point par point son discours bancal, rappeler les faits historiques que ce « géopolitologue » oublie volontairement, et remettre l’Algérie dans sa réalité : un pays qui n’a jamais bénéficié d’un Plan Marshall, qui sort d’un siècle de colonisation destructrice et qui n’a jamais été soutenu par un environnement géopolitique comparable à celui du Vietnam.

Alexandre del Valle, géopolitologue, docteur en histoire contemporaine et consultant Alexandre del Valle, géopolitologue, docteur en histoire contemporaine et consultant.

Petit rappel : mémoire ≠ victimisme

T’as déjà remarqué comment certains brandissent « le victimisme » comme une manœuvre pour couper court à tout débat ? Tu balances la formule, tu gagnes des likes, et hop – débat clôt. Sauf que la mémoire historique n’est pas une posture de faiblesse. C’est un enjeu politique, social et pédagogique. Chaque année, les rescapés de la Shoah vont dans les collèges et lycées de France pour parler de ce qu’ils ont vécu : ce n’est pas du « pleurnicharisme », c’est de la prévention civique. Alors pourquoi, quand il s’agit de la colonisation de l’Algérie, ces gens qualifient aussitôt de « victimisme » toute parole qui rappelle les faits ?

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L’argument « anti-France » : une formule vide pour censurer la mémoire

Le passage de Del Valle où il accuse les Algériens et Franco-Algériens de « faire de l’anti-France » est typique : il confond mémoire et haine, rappel historique et rejet du pays.

Mais si parler d’un passé douloureux c’est être « anti-France », alors les Juifs de France qui racontent la Shoah chaque année dans les écoles seraient aussi « anti-France ». Pourtant, personne n’oserait tenir un discours aussi grotesque. Pourquoi ? Parce qu’on sait très bien faire la différence entre :

  • préserver la mémoire historique,
  • et attaquer un pays.

Rappeler les crimes coloniaux n’est pas une attaque. C’est une exigence de vérité. On ne peut pas te demander de « tourner la page » quand on t’interdit de lire ce qu’il y a écrit dessus.

Rappeler la colonisation, c’est contextualiser – pas pleurnicher

Dire que la France a colonisé l’Algérie, que des pratiques inhumaines ont existé et que ces événements ont laissé des traces profondes, ce n’est pas du ressentiment gratuit. C’est une réalité documentée qui a des conséquences matérielles : réseaux économiques pensés pour l’exportation, élites locales marginalisées, architecture pensée pour le contrôle, cultures et langues bridées. Si tu refuses d’intégrer ces faits dans ton analyse, tu fais de la politique en autruche.

Les enfumades : un crime documenté, pas un « récit émotionnel »

Les enfumades, premières chambres à gaz utilisées contre les Algériens, ne sont pas une légende urbaine. Ce sont des opérations militaires françaises documentées, notamment sous le général Bugeaud. Le principe était simple et atroce :

  • encercler une tribu réfugiée dans une grotte,
  • bloquer toutes les issues,
  • allumer des feux pour faire entrer la fumée,
  • asphyxier hommes, femmes et enfants.

Dans certaines grottes, comme celles du Dahra en 1845, des centaines de personnes sont mortes de cette manière. Les rapports militaires de l’époque en parlent clairement.

Ce n’est pas un « détail » : c’est la première utilisation massive d’une méthode d’extermination par asphyxie dans l’histoire moderne française.

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Tu veux dire que parler de ça, c’est « anti-France » ? Non ! C’est juste refuser l’amnésie.

Comparer Vietnam et Algérie : arrête la comparaison paresseuse

Dire « regarde le Vietnam, ils ont réussi » en ignorant le contexte, c’est tricher. Le Vietnam, après ses guerres, s’est inséré dans un écosystème régional qui a favorisé sa reprise : réformes internes (Đổi Mới), investissements étrangers massifs, appui économique et industriel d’acteurs asiatiques (Singapour, la Chine, le Japon, la Corée du Sud), diaspora active investissant et transférant compétences. Ce n’est pas la même donne que pour l’Algérie en 1962.

Il n’y a pas eu de Plan Marshall pour l’Algérie

Voilà le point qui fait souvent défaut dans les discours : après 1945, l’Europe de l’Ouest a bénéficié d’un plan de reconstruction massif et coordonné. En 1962, l’Algérie indépendante n’a reçu ni plan Marshall ni aide internationale à la hauteur des besoins. Pire : les structures économiques présentes étaient conçues pour servir l’administration coloniale, pas pour produire de la souveraineté industrielle algérienne. Compare ça au Vietnam, qui a bénéficié d’ouvertures et d’investissements régionaux : la différence est massive.

La responsabilité individuelle, oui – mais regarde le cadre

Quand on te dit « il faut assumer, travailler », c’est vrai à l’échelle individuelle. Mais la responsabilité individuelle s’inscrit toujours dans un cadre. Si ce cadre a été modelé pendant des décennies pour extraire des ressources et non pour bâtir une industrie locale, le message « bossez » devient creux. La question sérieuse est : comment transformer des institutions, des filières, des écoles et des politiques publiques pour permettre à des talents de s’exprimer ? C’est là que le débat doit aller.

La mémoire n’est pas condamnation éternelle – c’est reconnaissance

La mémoire permet de nommer et de réparer. On n’empêche personne d’avancer en rappelant l’histoire ; au contraire, on ouvre la possibilité de réparations symboliques et matérielles qui autorisent une trajectoire plus saine. Crier au « victimisme » à chaque fois, c’est refuser la justice historique et fermer la porte à toute évolution constructive.

Le Vietnam a bénéficié d’un environnement extérieur favorable

Ne minimise pas le rôle des partenaires extérieurs dans la réussite vietnamienne. Le pays a su attirer des investisseurs régionaux, intégrer des chaînes de valeur mondiales, et profiter d’une conjoncture asiatique favorable à l’industrialisation. L’Algérie, elle, a longtemps souffert d’un isolement économique, de stratégies extractives post-coloniales et d’un manque de partenaires prêts à investir dans une industrie locale plutôt que d’acheter des matières premières.

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La question des réparations et de la reconnaissance n’est pas de la « pleurnicherie »

Tu vois la tournée des survivants de la Shoah dans les écoles ? Personne n’appelle ça victimisation. C’est de la transmission. Quand des Algériens rappellent l’histoire des enfumades, des spoliations, de l’effacement linguistique, ils réclament une reconnaissance, pas une vengeance. Les appeler « pleurnicheurs » revient à nier la dignité même de la parole historique.

Si tu veux débattre, viens avec des propositions

Plutôt que de sortir la formule « responsabilité individuelle », propose des solutions : partenariats éducatifs tournés vers la recherche, co-investissements pour monter des filières industrielles, accords de transfert de technologie, programmes de formation pour cadres, coopération régionale réelle. Tu veux opposer les peuples ? Libre à toi. Tu veux construire ? Alors arrête les slogans et commence à proposer des politiques concrètes.

Le vrai piège : deux poids, deux mesures

Ce qui est souvent insupportable, c’est le double discours. Ils célèbrent la mémoire de la Shoah et ils refusent celle des colonisés. Ils acceptent que le passé européen soit enseigné, mais ils refusent que d’autres rappellent les leur. Si tu veux la cohérence, exige-la partout : mémoire, éducation, réparation. Sinon, cesse de te poser en juge moral à géométrie variable.

Pour conclure – la mémoire n’handicape pas, elle éclaire

Non, rappeler la colonisation, les enfumades, les spoliations ou les impasses économiques héritées n’est pas du « pleurnicharisme » ou du « victimisme ». C’est de l’histoire. Et si tu veux débattre, viens avec des faits, pas avec des punchlines recyclées sur CNews.

Tu veux discuter sur des preuves ? Bienvenue.
Tu veux juste répéter des slogans ? Passe ton chemin.

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Commentaires

Une réponse à “Algérie et Vietnam : la vérité historique que ce géopolitologue refuse de voir”

  1. Bernard Chris

    Un vrai pleurnichard.
    l’Algérie parle Arabe et est environnée de pays de la même religion dans une même région. La guerre avec le Maroc et la victimisation font que Tebboune préfère blâmer la France que lutter contre la corruption.
    « Les arabes sont paresseux » a été la parole d’un chinois ayant bossé dans le BTP en Algérie.
    La culture de l’assistanat n’aide pas. Regard l’Algérie, le pays ressemble a une poubelle tant les incivilités des citoyens envers la nature sont omniprésente.
    Difficile de prendre au sérieux une culture qui emprisonné les chrétiens et ferme les églises… Difficile de prendre au sérieux une culture qui adore un prophète pédophile et qui massacre des moines. Difficile de prendre au sérieux un gouvernement qui envoient des pires citoyens et refusent de prendre les déchets criminels dans leur pays

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